Élections provinciales 2026
MadameFéeMiniste
L'égalité, ça devrait pas être un conte de fées.
La candidate qu'on n'a pas, la plateforme qu'on attend!
Une vision fée-ministe
L'égalité entre les genres, ça ne devrait pas être quelque chose qu'on ne retrouve que dans les contes de fées.
Parce que les féminicides, la pauvreté, les violences genrées, l'exclusion sociale, la crise du logement et la montée des discours haineux ne disparaîtront pas d'un coup de baguette magique, on a besoin d'une vision féministe pour le Québec.
La société égalitaire et inclusive à laquelle on aspire n'arrivera pas par enchantement. Les mesures pour l'atteindre existent, il suffirait qu'elles soient prises en compte par les partis politiques. Ce n'est pourtant pas sorcier !
Cette candidate n'existe pas. Mais ses idées, elles, devraient exister dans la campagne.
Lutte à la pauvreté
Les femmes de la région gagnent encore moins que les hommes (environ 80 % de leur revenu). Ces inégalités se poursuivent et s'accentuent à la retraite : chez nous, 1 femme aînée sur 3 vit en situation de faible revenu.
Les taux de faible revenu des familles monoparentales, qui varient de 11,9 % (Îles-de-la-Madeleine) à 34,1 % (Avignon), sont en augmentation. C'est préoccupant, car les femmes de la région dirigent ces familles dans 73 % des cas.
En plus des disparités de revenus et de l'insuffisance de ceux-ci, le coût de la vie qui augmente frappe beaucoup plus durement les femmes qui sont déjà en situation de pauvreté.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour qu'aucune femme ne vive dans la pauvreté :
- Hausser les protections publiques (aide sociale, prestations de retraite ou d'assurance parentale, etc.) de façon à assurer à tous les ménages un revenu au moins égal à la mesure du panier de consommation (MPC).
- Augmenter le salaire minimum pour qu'une personne seule qui travaille à temps plein atteigne le revenu viable pour la région et vive hors de la pauvreté.
- Adopter une loi-cadre sur le droit à l'alimentation.
- Rendre obligatoire la rémunération des stages des professions traditionnellement féminines.
- Assurer la gratuité et l'accès universel à l'éducation, des centres de la petite enfance aux études supérieures.
Santé des femmes
Avec le système de santé et de services sociaux québécois qui poursuit sa centralisation, ses coupures et sa privatisation, les femmes de la région font encore face à beaucoup de difficultés d'accès et d'inégalités systémiques en matière de santé globale. On constate une surmédicalisation de leur santé, par exemple lorsqu'elles reçoivent un traitement médical pour « régler » des problèmes dont les causes sont sociales, comme les violences ou la pauvreté.
Les femmes qui font face à plusieurs oppressions systémiques — autochtones, immigrantes, trans, lesbiennes, en situation de pauvreté ou de handicap — en ressentent les effets sur leur santé et vivent encore plus de discriminations dans le système de santé.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que la santé des femmes soit prise au sérieux par notre système public :
- Interdire le privé en santé et élargir la couverture du régime public d'assurance maladie à un plus grand nombre de soins de santé et de médicaments.
- Consolider le secteur public en santé pour éviter le déversement dans les organismes communautaires.
- Former les professionnel·le·s de la santé sur les particularités de la ménopause et de la périménopause, ainsi que sur les différents traitements possibles pour soutenir les femmes dans cette étape de vie.
- Donner accès aux femmes à de l'information fiable et à une liste de ressources régionales qui peuvent les soutenir pour la période de la périménopause.
- Ne JAMAIS requestionner le droit à l'avortement d'aucune manière et assurer son accessibilité gratuitement, partout sur le territoire et peu importe le statut migratoire.
- Assurer des services continus en obstétrique partout sur le territoire, incluant les services des sage-femmes, et ce, gratuitement, peu importe le statut migratoire de la personne.
- S'assurer que tous les services de santé et de services sociaux soient réellement accessibles, gratuits (incluant le remboursement des frais de déplacement), publics et culturellement sécuritaires.
- Faire respecter les droits des femmes en santé : mettre un terme aux violences obstétricales et gynécologiques ainsi qu'aux stérilisations forcées, adopter des pratiques de littératie en santé permettant des choix éclairés, et faciliter les processus de plainte.
Services de garde éducatifs à l'enfance
Les conséquences du manque de places en services de garde éducatifs à l'enfance (SGEE) en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine sont nombreuses et pèsent le plus souvent sur les épaules des femmes. Dans la majorité des couples hétérosexuels, c'est la mère qui reste à la maison avec l'enfant, tant pour des raisons culturelles que financières.
En plus d'avoir un effet négatif sur leur santé mentale et d'accentuer leur isolement social, ce manque de places prive les femmes d'accès au marché du travail, les appauvrit et augmente leur dépendance financière.
Alors que nous nous trouvons dans une grave pénurie de main-d'œuvre, des travailleuses de la santé, de l'éducation et du communautaire ne peuvent retourner en emploi faute de place en services de garde.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que chaque enfant ait une place et que les femmes ne s'appauvrissent pas en devenant mères :
- Rendre tous les services de garde éducatifs à l'enfance (SGEE) gratuits, assez nombreux pour permettre une réelle liberté de choix, d'une grande qualité éducative, et accessibles à tous les enfants, peu importe le statut migratoire de leurs parents.
- Reconnaître les éducatrices·teurs pour leur travail et leurs connaissances par le biais de meilleures conditions de travail, notamment salariales.
- Hausser les prestations du RQAP pour les rendre au moins égales au salaire minimum à temps plein et en permettre plus pour les mères dont les enfants n'ont pas de place en SGEE.
- Permettre à toutes les éducatrices qualifiées de travailler sans discrimination, même si elles portent des signes religieux.
Inclusion
Les femmes de la région font face à beaucoup d'inégalités par rapport aux hommes, mais entre elles également. En plus des oppressions fondées sur le genre, plusieurs femmes doivent composer avec le racisme, les difficultés liées au handicap ou à la pauvreté, l'homophobie, la transphobie, l'islamophobie, la grossophobie, et on en passe !
Ces discriminations systémiques ont un effet bien réel sur leurs conditions de vie.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que tous·tes se sentent pleinement inclus·es dans notre société :
- Mettre en pratique une analyse différenciée selon le sexe dans une perspective intersectionnelle (ADS+) dans toutes les politiques publiques.
- Instaurer les mesures proposées par les groupes de défense de droits des personnes marginalisées, comme le Réseau d'action pour l'égalité des femmes immigrées et racisées du Québec, le Réseau d'action des femmes handicapées du Canada, le Conseil québécois LGBT, le Collectif pour un Québec sans pauvreté ou Femmes autochtones du Québec.
- Favoriser la mise en place des recommandations du rapport Parcours de résilience : les femmes immigrantes et le marché de l'emploi en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine — faciliter la reconnaissance des formations et expériences acquises à l'international, rendre obligatoire une politique d'embauche inclusive, tenir compte des réalités migratoires dans les mécanismes de plainte de la CNESST et responsabiliser les employeurs fautifs.
- Répondre rapidement à tous les appels à l'action du rapport sur le Québec de l'Enquête nationale sur les filles et les femmes autochtones disparues ou assassinées.
- Rendre toutes les communications et tous les formulaires gouvernementaux officiels disponibles en anglais, incluant l'accueil au sein des services gouvernementaux.
- Assurer un accès facile et gratuit à l'apprentissage du français pour toutes les personnes dont ce n'est pas la langue maternelle.
Crise du logement
En Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, plus du tiers des femmes à la tête d'un ménage sont locataires, contre seulement 17,8 % des hommes. Ce sont les personnes locataires (11,2 %), et plus particulièrement celles de 55 ans et plus, qui vivent dans un logement inabordable, c'est-à-dire dont les frais représentent 30 % ou plus du revenu avant impôt du ménage.
La rareté et l'augmentation des coûts des logements peuvent amener les femmes à vivre de l'itinérance, à demeurer dans des relations violentes ou à rester dans des logements insalubres ou trop petits.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que chaque personne ait un toit digne, sécuritaire et qui respecte son revenu :
- Adopter une politique globale en habitation, basée sur la reconnaissance du droit au logement.
- Développer des maisons de 2e étape pour femmes victimes de violences partout sur le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
- Financer à la mission les organismes de défense de droits des locataires dans tous les territoires de la région.
Transport
Les jeunes, les personnes âgées en perte d'autonomie, les personnes issues de ménages à faible revenu et les personnes sans emploi de la région sont plus susceptibles de vivre des problématiques de mobilité, et sont les plus difficiles à desservir par des trajets d'autobus réguliers.
Le transport inadapté aux horaires atypiques (temps partiel) et aux multiples arrêts (responsabilités familiales) des femmes a été soulevé comme étant un frein à leur pleine participation économique et sociale.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que tous·tes puissent se déplacer sur le territoire :
- Mettre en place une concertation régionale portant sur le transport afin de trouver des solutions pour répondre aux besoins des populations vulnérables en priorité.
- Investir massivement dans le transport adapté pour briser l'isolement des personnes en situation de handicap.
Organismes communautaires et justice sociale
Le mouvement communautaire autonome, joyau du Québec en matière de justice sociale, est sur la corde raide.
Alors que les organismes travaillent avec les populations les plus vulnérables, dont beaucoup de femmes et de personnes de la pluralité des genres, les travailleuses qui y œuvrent (80 % de femmes) sont exténuées par la surcharge de travail et les mauvaises conditions salariales causées par un sous-financement chronique.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que les organismes communautaires remplissent pleinement leur mission :
- Offrir un financement à la mission suffisant, récurrent et indexé aux organismes communautaires pour qu'ils puissent offrir des conditions de travail décentes à leurs travailleuses et travailleurs.
- Investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique de la société.
Violences sexuelles, conjugales et fondées sur le genre
Notre région est l'une des plus touchées en matière de violence. Les Gaspésiennes et Madeliniennes sont 30 % plus nombreuses à être victimes d'infractions sexuelles que les Québécoises. Selon la Direction régionale de santé publique, 18 % des filles de 14 ans ou plus ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles contre leur gré.
Le nombre de femmes est près de 4 fois plus élevé que celui des hommes parmi les victimes d'infractions contre la personne en contexte conjugal dans la région. Les femmes et les personnes de la pluralité des genres vivent aussi des violences dans l'espace public, sur les réseaux sociaux, au travail et dans le système de santé. À cela s'ajoute une montée inquiétante des discours masculinistes chez les jeunes.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour s'attaquer une bonne fois pour toutes aux violences genrées sous toutes leurs formes :
- Bonifier la formation du personnel enseignant en matière d'éducation à la sexualité et aux relations égalitaires tout en allégeant leur tâche pour leur permettre de bien intégrer ces contenus.
- Favoriser l'éducation à la sexualité tout au long de la vie par le biais de campagnes de sensibilisation et de soutien aux organismes communautaires qui partagent cette mission.
- Organiser de grandes campagnes de sensibilisation pour lutter contre les discours misogynes, transphobes, racistes, homophobes et discriminatoires.
- Financer à la hauteur des besoins les organismes féministes et 2SLGBTQ+ qui travaillent à enrayer les violences sous toutes leurs formes.
Système de justice
Le système de justice québécois peine à répondre aux demandes, mais surtout aux besoins des victimes de violences genrées, conjugales et sexuelles, que ce soit en matière de protection, de soutien ou de sentiment de justice et de réparation.
Voici ce qu'une candidate Fée Ministe proposerait pour que le système de justice soit vraiment juste envers les victimes :
- Renforcer la mise en place des recommandations du rapport Rebâtir la confiance, notamment par le biais de davantage de formations auprès des acteurs·ices du système judiciaire et du corps policier de la région.
- Adapter les espaces de cour pour éviter que les victimes aient à côtoyer leurs agresseurs dans une salle d'attente.
- Mieux faire connaître et rendre accessibles les mesures de protection existantes (témoignage par visioconférence, paravent, autres accommodements), trop souvent méconnues des personnes victimes alors que certaines demandes doivent être faites avant le début du procès.
- Assurer l'accès à des enquêteur·trices spécialisé·es en violence sexuelle, y compris dans les régions éloignées.
- Réduire les barrières administratives d'accès à l'IVAC, notamment l'obligation de fournir une attestation d'une personne intervenante ou professionnelle pour déposer une demande de qualification.
- Adopter une approche fondée sur la confiance envers les personnes victimes, où leur crédibilité ne dépend pas de la validation d'un tiers.
- Simplifier les démarches administratives imposées aux professionnel·les et accélérer les remboursements pour ne pas nuire à l'offre de services.
- Offrir des indemnités adaptées à la réalité actuelle, notamment en révisant les montants remboursés pour les services psychologiques (94,50 $ ne suffit pas à couvrir des frais psychologiques en 2026).